Home / [OLD] Luxe / Cristóbal Balenciaga - Mona Bismarck, une amitié follement haute couture

[OLD] Luxe

Cristóbal Balenciaga - Mona Bismarck, une amitié follement haute couture

Pascal Martinez-Maxima
by Pascal Martinez-Maxima Published on 7 mars 2006

Dans le cadre du 20éme anniversaire de la Mona Bismarck Foundation, une exposition magnifique sur le thème de la recherche de perfection esthétique et les liens qui ont unis la Comtesse Mona Bismarck, philanthrope américaine, et son grand ami et créateur de haute couture préféré, Cristóbal Balenciaga.

Cristóbal Balenciaga a eu une influence prédominante sur le monde international de la couture, à laquelle on se réfère sans cesse, en parlant de son style intemporel et de sa grande maîtrise de la coupe vestimentaire.
Hubert de Givenchy, Président de la Fondation Cristóbal Balenciaga : “Balenciaga n'a pas seulement créé un style, il a aussi créé une technique. Il a été l'architecte de la haute couture."

Cristóbal Balenciaga né en 1895 à Guetaria (Espagne), petit port de pêche basque. Sa mère était couturière, elle fut la première à lui enseigner son futur métier. Après quelques années d’apprentissage à Madrid et à San Sebastián, il obtint rapidement du succès et habilla, entre autres, la famille royale d'Espagne. En 1933, il possède deux boutiques à Madrid et en ouvre une troisième à Barcelone en 1935. La guerre civile de 1936 l’oblige à les fermer, puis, à quitter l’Espagne. Il se réfugie alors à Londres puis à Paris, où il vivra et travaillera jusqu’en 1968.

Grâce à des capitaux fournis par ses amis, il ouvrira le fameux "10, avenue George V", à Paris, en août 1937, date de sa première collection. Elle remporte aussitôt un vif succès auprès des clients et des acheteurs étrangers. On parle de ses petites robes noires, d’une technique déjà parfaite, de ses toilettes du soir imprégnées de l’Espagne, de l’audace de ses couleurs, de l’harmonie du noir et du brun, de la création de ses premiers parfums.

Rapidement, il révolutionne la mode du début des années cinquante avec la coupe "frôlée" de ses tailleurs et la simplicité alliée à la souplesse : Robes chemises. (1955 et 1956), manteaux en volume, robes du soir en queue de paon.
Il présente ses collections, avec Monsieur de Givenchy, un mois après tous les autres couturiers, ce qui oblige la presse à revenir spécialement pour eux. André Courrèges dirigera un de ses ateliers, suivi par Emanuel Ungaro, dans les années soixante. Durant cette période, il atteint une grande perfection technique et crée des formes de plus en plus pures et abstraites.

En 1968, il ferme sa maison avec beaucoup de tristesse et de discrétion et se retire en Espagne. Peu de temps avant sa mort, en 1972, il créera la robe de mariée de la duchesse de Cadiz, sa dernière oeuvre, terminant sa carrière de la même manière qu’il l'avait commencée, à San Sebastián, par la création d'une robe de mariée.

L'exposition comprend plus de 40 ensembles (tenues de jour et robes de soirée) signés Balenciaga, créés entre 1955 et 1972 et portés par la Comtesse Mona Bismarck. Tous proviennent de la collection personnelle de Monsieur Hubert de Givenchy et de la collection de la Fundación Cristóbal Balenciaga.

Sept robes de mariée sont aussi présentées. Elle furent portées par Sa Majesté la Reine Fabiola, Madame María-Carmen Martínez-Bordiú (lors de son mariage avec Son Excellence Monsieur Alfonso de Borbón), la Marquise de Taurisano (1951) et portées de nouveau par sa fille la Duchesse de Veragua (1976) ainsi que la Duchesse d’Algeciras, Madame Sonsoles de Llanzol, fille de la Marquise de Llanzol, Madame Maite Kutz et de Madame Elena Salama.

Une partie de l'exposition se consacre à la vie de la Comtesse Mona Bismarck et à tous les domaines dans lesquelles elle s'est illustrée : l’élégance, l’hospitalité, l’horticulture, l’architecture d'intérieur, parmi tant d’autres, ainsi qu'à une brève histoire de la Fondation et de son rôle en tant que musée et centre d’associations et d’activités culturelles franco-américaines.

Née Mona Strader, elle grandit au sein d’un haras de la légendaire Bluegrass Region, dans le Kentucky. Elle y reçut l’éducation américaine traditionnelle d’une demoiselle sudiste de bonne famille.

Dans les années 20, elle épousa l’industriel américain Harrison Williams. Et pendant la période dorée des années 20 et 30 elle fut considérée comme l’une des femmes les plus belles et les plus élégantes du monde.
Son chic et sa beauté inspirèrent des peintres comme Salvador Dali, Leonor Fini ou Bernard Boutet de Monvel. Elle fut l'égérie des photographes tels que Cecil Beaton, Edward Steichen et Horst et le crooner Cole Porter lui rendit même hommage dans une de ses chansons...

Après le décès d’Harrison Williams, elle épousa le Comte Edward Bismarck, petit-neveu du Chancelier Otto Bismarck. L’entourage de Mona Bismarck comptait : des hommes d’état et des politiciens (les présidents Roosevelt et Eisenhower), des monarques et ex-monarques (les Windsor, le Shah d’Iran et la Princesse Grace de Monaco), et un nombre impressionnant d’artistes et d’écrivains (Greta Garbo, Gore Vidal, Hubert de Givenchy, Tennessee Williams, Paul Newman, Truman Capote, Erich Remarque...) et... Cristóbal Balenciaga.
- pmm

The Mona Bismarck Foundation
34 Avenue de New York 75016 Paris

Gratuit du mardi au samedi de 10h30 à 18h30 – Fermé les jours fériés
Catalogue : 96 pages, 50 illustrations - Prix : 15 euros

Informations complémentaires :
01 47 23 38 88
info@monabismarck.org
www.monabismarck.org

crédit-photo : Cristóbal Balenciaga (1932) - Veste en tulle brodée vert, bordeaux, turquoise (broderie Lesage)

by Pascal Martinez-Maxima

you might also like