Le créateur de mode brésilien, Gustavo Lins et Jörg Richtsfeld, PDG de la manufacture Nymphenburg, porcelaine de Bavière, se croisent, voilà six mois, à la porte de la Galerie Joyce en plein cœur du Palais Royal, à Paris. Le premier installait ses créations, le second déshabillait l’espace de la collection OO8.
De leur rencontre naît le désir de fusionner leurs perspectives et leur imaginaire dans la mode au travers de la porcelaine. Ce qui offrira par la suite à Gustavo Lins l'opportunité de s’immerger dans les secrets de fabrication de la matière et de s'exprimer dans cette discipline technique et savante.
Par le passé, la manufacture Nymphenburg a déjà initié des collaborations avec des créateurs de mode et de design : Vivienne Westwood, Karl Lagerfeld, Ted Muehling, Hella Jongerius, Konstantin Grcic…
C'est sur des bustes en carton recyclé, dans l’atelier bavarois de la marque que Gustavo Lins travaille "en accéléré" un vêtement qui fait corps avec la pâte laiteuse et lumineuse de la porcelaine. Naturellement, il choisit la forme rigoureuse et sensuelle du kimono, le vêtement emblématique qu’il détourne depuis quatre ans.
Diplômé en architecture et modéliste atypique au sein de maisons de couture et de prêt-à-Porter de luxe autrefois, le créateur dompte cette nouvelle matière dans son travail. Il fige la mémoire des torsions et des drapés, à la fois classiques et baroques, dans le geste du couturier. De l’étoffe brûlée au cœur de la porcelaine, il ne reste qu'une mémoire puissante et la sensualité d'une empreinte perceptible à travers une tension fragile et violentée.
Au final, tandis que sur les murs des visuels retracent les étapes d’un travail en gestation singulier, cinq bustes, couleur blanc craie satiné, présentent sur des tournettes la dualité entre le vêtement et la sculpture.
Gustavo Lins présentera ses créations le 3 juillet à la Galerie Joyce au Palais Royal dans le cadre de la semaine de défilés de haute couture.
crédit photo : Gustavo Lins
Buste de porcelaine par Gustavo Lins
PMM
|