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Culture : Dans l'atelier de ... Lucie et Lorenzo Ré

Centre du luxe et de la création : atelier créateur - lucie et lorenzo ré

   

Une verrière, un atelier discret à leur image, Lucie et Lorenzo Ré ne sont pas de ces doigts de fée à trop en dire. Tout se passe par le travail de Lorenzo sur les formes en tilleul et par Lucie qui raconte avec simplicité le travail incroyable de cette équipe d’amoureux du Beau. Avec elle, on évoque la « belle époque » de la mode. Les années 60 et 70 ou pas moins de dix maisons de formes exerçaient entre les quartiers de la Bourse et de l’Opéra. Balmain, Nina Ricci, Balenciaga, Dior, toutes disposaient d’ateliers en interne qui travaillaient de concert avec les autres petites mains. Les collections s’imaginaient avec le temps… « Chez Monsieur St-Laurent, nous ne rentrions pas pendant les essayages » se souvient Lucie Ré « jusqu’au défilé, c’était la surprise. Je me souviendrais de lui comme d’un jeune homme timide qui n’osait pas saluer le public à la fin d’une collection. C’était Monsieur Bergé qui le poussait presque sur le podium ! ».
 
© AK - Centre du luxe et de la création : atelier créateur - lucie et lorenzo ré
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Aujourd’hui, le temps s’amenuise et les horaires s’allongent. Pour autant, la passion est toujours là. « C’est un véritable travail de création » explique Lorenz Ré « le temps ou les designer arrivaient avec des ébauches, des côtes ou bien un prototype est entièrement révolu ! Aujourd’hui, nous faisons certes des formes, mais nous avons également un travail au niveau du style. »
Du bloc de bois savamment travaillé au ciseau, nait une forme sensible et élégante. « Il faut travailler au regard, confie-t-il. Il n'existe pas d'outil qui puisse remplacer l'œil pour juger d'une courbe sur une forme, d'une inflexion sur un buste ». Chacun de ces gestes est réfléchi, concentré, silencieux. « Il faut avoir un sens artistique pour être formier mais il faut savoir produire en même temps. C'est là toute la différence avec le métier de sculpteur », explique-t-il.
 
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Défilé Dior haute couture printemps été 2004© Alfred/ SIPA
Défilé Dior haute couture printemps été 2004© Alfred/ SIPA
Christian Dior, Yves Saint Laurent, Givenchy, Marie Mercié ou encore Philipp Treacy : tous font appel à lui. Au moment des collections, c'est l'heure du grand tourbillon.
« C'est la folie, raconte Lucie Ré - c'est elle qui est chargée d'exécuter les prototypes. Avant, nous avions deux mois pour préparer les formes nécessaires aux collections, aujourd'hui les couturiers nous donnent dix jours ». Des commandes extravagantes aux projets les plus fous, Lorenzo Ré met son art au service de la haute couture. Il avoue que ce sont les défilés de John Galliano pour Christian Dior qui demandent le plus de recherche. Comme par exemple cet impressionnant chapeau en bois surmonté d'une silhouette massaï pour le défilé Printemps Eté 1997. « La maison Dior nous a adressé un croquis, après à nous d’imaginer la suite. » résultat, le chapeau est réutilisé lors de la campagne de Diorific. Et que dire de ce défilé Dior Couture printemps-été 2004, ou Galliano imagine une reconquête d’Egypte avec mannequins portant barbiches et masques de sarcophages. Tout à été crée dans l’atelier !

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40 ans de travail, des milliers de silhouettes pour une clientèle aujourd’hui essentiellement internationale. Japon, USA, Russie, Corée, tous viennent chercher ici le savoir-faire de l’un des derniers artisans formiers au monde. Ici, pas de laser ou de travail industriel. « Un seul coup d’œil suffit, parfois, j’oublie de mesurer » sourit Lorenzo Ré. Chaque forme représente plusieurs dizaines d’heures de travail selon sa complexité. Dernièrement, la compagnie Qatarie, Quatar Airways est venue leur demander de confectionner les charmants bibis de leurs hôtesses… De quoi travailler du chapeau et continuer à faire rimer savoir-faire et modernité.
 
 


Biographie
• 1966 : il achève sa formation de modéliste sculpteur à l'école Guiseppe Visconti di Modrone
• Années 1980-1990 : il travaille pour les plus grands de la haute couture
• 1997 : réalisation d'un chapeau en bois surmonté d'une silhouette massaï pour le défilé Printemps-Ete Dior
• 2007 : Lorenzo Ré est l'un des derniers formiers au monde

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Publié par
le 30/10/2009
Note :4.5/5 
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