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Dans la nef de verre du Grand Palais, de mini ombrelles "kawaï" offertes aux invités annoncent un soleil de plomb sur les modèles Chanel, mis en scène par Karl Lagerfeld dans un décor d'ordinateur géant et de spotlights aveuglants. Chanel, c'est la jeunesse éternelle ! Et cette saison, Coco rencontre James Dean, disparu il y a tout juste cinquante ans à l'âge de vingt-quatre ans. Au rythme des codes maison, les mannequins enchaînent un défilé au ballet magique et immuable en tweed framboise, pistache ou citron, mais aussi plus classique, noir rayé blanc ou gris chiné. Le blanc est immaculé, résolument, en top et robes "au crochet" et le bermuda collant se marie à la petite veste tweed pour une nouvelle silhouette-tailleur. Le jean stone-washed galbe la cuisse des mannequins, qu'ils soient filles ou garçons. Car depuis quelques saisons Chanel se propose d'habiller les dandys. Ainsi, le tweed rencontre la coupe Perfecto, le cuir usé, le tee-shirt blanc ou le canotier. Les filles portent des boots de cuir souple, noués autour de la cheville avec un ruban. La mousseline donne dans l'imprimé géométrique, avec des tons vifs que l'on retrouvera traités "soft" plus tard. Chez Chanel, tout passe. L'allure reste souple même sur les modèles tailleur, à l'image de cette robe improbable orné en bas d'énormes camélias. Et tandis que les petites robes noires s'amusent avec les transparences (mousseline, dentelles…), les silhouettes "à danser" donnent dans le "shiny" et la broderie de luxe. Au fur et à mesure du défilé, les mannequins viennent se ranger sur les touches d'un clavier démesuré. C'est alors que Karl Lagerfeld apparaît sur l'écran géant et surgit derrière le mur des mannequins, tel une rock-star. Glorieux, il emporte dans son salut final une armée d'androïdes qu'il aurait complètement chanelisé. Grandiose !
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par P. Martinez-Maxima
photos : P. O'Reilly
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