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Éconduit de Torrente après une seule collection où il s'était illustré en digne héritier de la griffe, Christophe Josse avait été remercié de la maison de couture par le nouveau groupe lors de son rachat. Aujourd'hui, avec ce premier défilé éponyme, le créateur prend sa revanche et entre dans le club très fermé des grands couturiers. Jeune et talentueux, le Français promet bien des surprises. Ses quinze modèles attrayants nous laissent un peu sur notre faim tant nous aurions souhaité pouvoir en applaudir d'autres. Mais rappelons que pour tout débutant, "l'aventure couture" a un prix certain. Habitué de la clientèle haute couture, Christophe Josse propose des passages "jour" cohérents : pull entonnoir à manches drapées en chèvre velours chocolat, veste en agneau fauvette rebrodé, associé à une jupe en crêpe drapé vert sapin, trench "tuyau d'orgue" en faille imperméable tempête porté avec un col en renard gold cross ou manteau en chèvre velours marron glacé avec une jupe à plis plats en satin duchesse couleur bois de rose. Mention spéciale pour la pèlerine ou le "boléro-doudoune à capuche" en faille, au style brin gadget, mais tellement "couture" ! Seul petit reproche : Un léger manque d'unité et un ordre de passage mal réglé selon les coloris ; le temps devrait améliorer cela. Christophe Josse brille par ses propositions du soir. On reste bouche bée devant la robe en charmeuse plissée cassis à décolleté croisé et jupe en satin duchesse brossé, le long fourreau griotte et sa jupe en organza façonné astrakan ou le fourreau en guipure souligné de plumes d'oie frisée. Venue applaudir le défilé de celui qu'elle avait désigné pour dauphin, Madame Torrente avait l'air ravie de voir réussir son protégé dans ce nouveau pari… Et nous aussi.
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par P. Martinez-Maxima
presse B. Manson
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