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Pour la deuxième saison consécutive, Franck Sorbier nous entraîne dans le décor du Lido. Point d'africanisme pour l'hiver, comme il en avait décidé pour l'été en invitant les top models à danser au rythme du saxo de Manu di Bango, cet hiver, le couturier s'inspire de La Traviata, spectacle orchestré par Henri-Jean Servat (parrain de la collection) et actuellement en tournée dont il a réalisé les costumes. Sur la scène, trois solistes viennent entonner du Verdi tandis que la collection baptisée, Les fantômes de l'opéra, dévoilent un large éventail de pièces au noir riche et absolu. Les vêtements vouent un culte au grand soir dans un registre de conte de fée étrange. Bustier-cage à tiges de perles de jais, collerette en dentelle, applications d'ex-voto vénitiens en métal argenté, pantalon-collant porté avec des cuissardes noires ou jupe en organza laqué noir, chaque modèle donne dans le mystère. Quelques pièces remarquables nous éloignent de cette belle torpeur qui tournerait presque à l'esthétique Gothique : Robe du soir à bustier bijou en tissu métal froissé doré comme une "robe de soleil" Peau d'âne ou splendide manteau en velours grenat rebrodé d'oiseaux, de fleurs, de palmettes multicolores, d'or et de cuivre qui nous inviterait vers les contrées de Pierre et le loup. Chez Franck Sorbier, la mariée descend du ciel sur une lune d'opérette constellée de plumes, à l'identique des ailes d'anges qu'elle arbore. Moins argenté que les mastodontes du luxe, les temps sont durs pour le couturier. Il rivalise pourtant d'ingéniosité pour trouver aides et soutiens qui feront vivre sa couture. Croisée en backstage, une fidèle cliente dont le mari vient d'être nommé Premier ministre et dont on espère que les commandes donneront au couturier l'élan nécessaire pour continuer à nous faire rêver.
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par P. Martinez-Maxima
photos : P. O'Reilly
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