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Le marathon des défilés nécessite beaucoup d'endurance, pour preuve, les quelques "vides" parmi les rangées de sièges chez Carven. Heureusement, les absents ont toujours tort ! Et ils ne savent pas ce qu'ils ont raté en ce matin du troisième et dernier jour de la semaine de la mode sous la verrière de l'École des Beaux Arts, lieu du défilé. En vingt-huit passages, Pascal Millet, nouveau Directeur Artistique de Carven depuis le rachat de la maison par le groupe Arco, compose son défilé autour d'un registre Grand Siècle. Sofia Coppola et sa Marie-Antoinette, attendue prochainement au cinéma, l'aurait-elle inspiré ? Pour les modèles de jour, le couturier emprunte ses tissus au registre masculin avec une dominante beige. Mais à l'image du tweed, ils sont rehaussés d'incrustations de dentelle et de broderies. La silhouette est allongée et marquée à la taille, les jambes sont gainées de cuir ou d'étoffe. Les liquettes semblent avoir étés chipés aux hommes. Les bustiers des robes se croisent, noués comme des foulards. Un magnifique manteau re-interprète le style Watteau. Le soir, place à la couleur ! Le vert Carven s'entiche d'une robe fluide en jersey et en fin de show, les fourreaux et les robes deviennent ultra-précieux (pour notre plus grand bonheur). Petite fausse note pour les coiffures (pas très nettes) et les accessoires qui pèchent par trop de simplicité, tel cet énorme sac croco (pas très intéressant) ou l'étole de la mariée composée à la va vite. Inspiré par une superbe vague XVIIIe siècle, précieuse et raffinée, le créateur réinvente une silhouette Carven au charme inoxydable. Après les difficultés que la maison a du traverser, obligée de quitter les salons couture de son adresse historique au rond point des Champs Elysées pour la rue Royale on espère vivement que Pascal Millet et ses bonnes idées feront longtemps briller les yeux de Madame Carven, toujours fidèle en spectatrice du premier rang.
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par P. Martinez-Maxima
photos : P. O'Reilly
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