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Après les turpitudes qui ont animé ces derniers mois la maison Christian Lacroix, on attendait avec impatience son défilé de haute couture. Discipline dans laquelle l'homme excelle. Le cortège noir des petits tailleurs et des ensembles "jour" se détache du décor de neige de ce podium tapissé de fausse fourrure blanche où virevoltent de petits flocons. Viennent ensuite des modèles typiquement Lacroix, nettement plus "colorful", mais moins baroques et moins opulents qu'à l'accoutumée. La réflexion du couturier semble s'être portée sur les codes de la griffe, à l'image de cette robe bustier à traîne en velours noir juponné d'organza cassis - probablement pour conforter l'effort de rachat du groupe américain Falic, son nouveau financier. Esprit XVIIIe siècle de mise en manteau mi-long en brocart fleuri bleu nattier, gris et chocolat, à plastron rebrodé et poignets de renard gris ou en veste galbée en soie damassée beige à fleurs. Côté Camargue, une casaque à basques se marie avec un pantalon brodé de clous et de strass dans le style gaucho. L'inspiration orthodoxe n'est pas en reste avec une longue robe en crêpe blanc bleuté repeint de fleurs enluminées à plastron brodé d'or. Le soir, les mousselines vont légion, interprétées dans une palette moins audacieuses que par le passé mais tout aussi joyeuse. Les taffetas ont évidemment répondu présent à l'appel avec en point de mire une spectaculaire robe bouillonnée et volantée rose Stabilo au décolleté et au jupon en organza peint coordonné. Surgissant des backstage l'air radieux, visiblement apaisé par l'accueil de la presse et du public toujours aussi supporters et chaleureux, Christian Lacroix croule sous une traditionnelle pluie d'œillets (blancs cette fois), comme au temps de LVMH. Tout change, rien ne change… Le talent de l'Arlésien demeure.
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par P. Martinez-Maxima
photos : Guy Marineau
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