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Bijoux

La Perle

by Chabha Published on 4 février 2008

La Perle, « larmes solidifiées des dieux et des anges » pour les Romains, semble naître par magie. Prônée depuis l’Antiquité comme gage de beauté, cette petite merveille de la nature enchante toujours autant. Précieuse, elle est fragile, suivez le guide pour en préserver tous les atouts…

Un grain de sable suffit…

La perle naît d’un phénomène naturel étonnant. Lorsqu’un élément étranger s’introduit dans un coquillage, celui-ci pour se défendre va entourer l’intrus irritant de couches de nacre pour le rendre le plus lisse et rond possible afin de l’expulser de sa coquille. La nacre se forme par superposition d’aragonite (carbonate de calcium), de matière organique et d’eau.
La perle de culture naît du même processus. Seule différence : c’est l’homme qui va le provoquer en introduisant un noyau de nacre dans les tissus du mollusque élevé en milieu contrôlé. Cette greffe est délicate : sur 1000 huîtres greffées, on ne récoltera que 500 perles. Les huîtres restantes ont rejetté le noyau ou sont mortes. Sur ces 500 perles, 50 à 75% seront commercialisables et seule une vingtaine dite « parfaites ». Pour donner leurs plus belles perles, les huîtres exigent un environnement pur, sans pollution et riche en plancton, faisant des fermes perlières des sites remarquables, symbole de gestion durable.

Berceau & Perliculture

La récolte des perles date du 3e millénaire avant J.-C. et se faisait par pêche en apnée jusqu’à l’époque moderne. Le Golfe persique était alors le premier fournisseur au monde. Mais la pollution fit vite son apparition, entraînant le déclin des bancs d’huîtres. D’où l’envie et le besoin de cultiver huîtres et perles. Cependant, déjà il y a 1600 ans les Chinois ont été les premiers cultivateurs en introduisant dans des moules de minuscules figures de Bouddha, créant des demi-perles à son effigie. mais ce n'est qu'au début du XXe siècle que les Japonais Nishikawa, Toisuhei Misu et surtout Kokichi Mikimoto réussissent à mettre la technique de culture au point, et en font une industrie, donnant à la perle japonaise une renommée mondiale.
Aujourd’hui on compte près de 900 fermes perlières au monde, produisant 800 millions de perles par an dont 90% sont de Chine. Les autres grands producteurs sont le Japon, l’Australie (dont les perles sont parmi les plus solides et grosses), la Polynésie (dont les fameuses perles noires sont très rares et chères).

Différentes facettes

On distingue les perles d’eau de mer, qui naissent dans les mollusques marins tels que huîtres, volutes ou bénitiers ; et celles d’eau douce formées principalement dans les moules perlières. Provenant des océans ou des rivières, elles créent des perles aux formes et couleurs diverses. La couleur d’une perle est identique à celle de la nacre produite par le coquillage. Le blanc est la couleur de la perle du Japon. Les perles de conques ou Pink Pearl des Caraïbes sont roses ou rosées. Les perles de mélo en Chine leur ressemblent mais les plus recherchées sont orange vif. Les célèbres perles noires de Tahiti vont du gris orage au gris flanelle avec des reflets allant du vert au rose. Les perles d’or des Philippines naissent dorées ; celles de clamnoires ou aubergines et celles d’ormeau dans les tons vert et rouge.
La perle prend également plusieurs formes, selon sa position dans l’huître et les mouvements de la coquille. Elle peut être ronde, demi-ronde, bouton (ronde avec le dessous plat), poire, ovale, baroque (irrégulière), cerclée ou baguée (avec des bourrelets)… Les demi-perles, dites mabé, enchâssées dans la nacre doivent leur célébrité à Coco Chanel, aimant à les monter en boucles d’oreille. Les perles parfaitement rondes sont les plus rares et les plus chères !

La perle des perles

  • Les perles les plus chères sont les plus rares. Les perles naturelles, dites fines, ont plus de valeur que celles de culture étant donné que la chance d’en trouver une est d’un sur 10 000 (et ne vous attendez pas à la trouver dans votre assiette, les huîtres perlières sont d’une famille différente de celles que l’on mange).
  • Les couleurs rares sont également très prisées, d’où le prix élevé des perles noires de Tahiti ou des perles de lambi des Caraïbes roses coucher de soleil qui sont toutes fines.
  • La brillance est le critère le plus important pour juger de la qualité d'une perle. Plus elle est brillante, plus son lustre (qualité de surface) est de qualité. Un reflet net garantit un bel orient (irisation douce).
  • Plus la perle est grosse, plus elle se vend cher. Les perles sont pesées en grains ; un grain de joaillier vaut 0,05 grammes, soit 3,32 mm de diamètre. Enfin, la netteté, l’absence de cercles, de piqûres ou autres défauts augmente sa valeur.

Entretien

Les perles ne meurent pas, elles ne sont pas vivantes ! Mais elles peuvent jaunir ou brunir. Pour l’éviter, exit le contact avec parfum, laque, crèmes et graisses ou températures trop élevées. Ne rangez pas vos perles avec des diamants, des tourmalines et autres pierres précieuses. Elles risquent d’être rayées. Mieux vaut porter la perle à même la peau, cela permet de la réhydrater et de préserver son lustre ! Enfin ne les rangez jamais enroulées dans un tissu : ce dernier absorberait l’eau qu’elles contiennent et leur ôterait tout leur éclat. Les perles abîmées peuvent néanmoins être restaurées par un polissage et un pelage, effectués par des lapidaires spécialisés.

Photo : Grace Kelly portant le célèbre collier 3rangs en perles et diamants de Van Cleef & Arpels, offert par le prince Rainier en 1955 comme cadeau de fiançailles avec le bracelet et les boucles d'oreilles assortis! Une parure à la hauteur de la beauté de la belle. Après cette occasion la maison devint le joailler officiel de la principeauté.
C.L

by Chabha

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